Recommandations opérationnelles de Qualiview conseil à l'attention des référents handicap au sein des organismes de formation et des CFA

organismes de formation CFA

Auteures : Sandrine BasléEsther Gagneux et Valentine Lesser Galtier, publié le 12 août 2020

Le référentiel Qualiopi requiert que les prestataires de développement des compétences démontrent la mise en place d’une démarche vis-à-vis des publics en situation de handicap, notamment nommer un référent handicap pour les CFA.

Les recommandations ci-dessous, à destination des référents handicap, ont été rédigées à partir des résultats de l’enquête menée en juillet 2020 par Qualiview conseil à partir de 19 entretiens de professionnels du handicap et de la formation ainsi que de personnes en situation de handicap ayant cherché à se former. 

Le référentiel compte un indicateur spécifique au handicap (l’indicateur 26)  : “Le prestataire mobilise les expertises, outils et réseaux nécessaires pour accueillir, accompagner/former ou orienter les publics en situation de handicap”, ainsi que plusieurs indicateurs transversaux qui s’appliquent également au handicap. 

Il ne s’agit pas d’avoir tout mis en place dès la 1ère année. Les recommandations suivantes sont prévues pour être mises en place progressivement, peu à peu. C’est d’ailleurs l’esprit du référentiel Qualiopi : il est prévu comme une démarche d’amélioration continue.

En réponse à une remarque qui nous est faite régulièrement : vous ne pouvez pas ni connaître ni accepter tous les handicaps. En revanche, l’enquête menée a démontré qu’il est urgent d’être à l’écoute des personnes en situation de handicap car elles ont du mal à accéder à la formation.

Les recommandations ci-dessous intègrent les exigences du référentiel Qualiopi. Sur ce sujet, vous pouvez aussi lire notre article.

1- Nommer un référent handicap (obligatoire uniquement pour les CFA) :

Il est recommandé de nommer, si possible, quelqu’un :

  • qui démontre un intérêt pour le sujet
  • qui a du temps à y consacrer

Il ne s’agit pas de nommer quelqu’un d’office ou sans mission claire. Sa mission sera définie ci-dessous.

Ce référent handicap devra être accessible aux différents étapes de la formation, en commençant bien en amont de la formation. Par exemple, le rôle du référent handicap est important au moment de l’inscription. Son rôle consiste à demander à la personne de quoi elle a besoin, sans préjugé. Le référent handicap n’est pas censé tout connaître. Au contraire, chaque handicap est potentiellement différent. Chaque personne le gère à sa façon. Le plus important est d’avoir une posture d’écoute.

Le référent handicap pourra ainsi anticiper des besoins spécifiques, par exemple au niveau des examens. Il est fréquent que les personnes qui ont besoin de plus de temps au moment des épreuves expriment leur demande trop tard pour que celle-ci soit prise en compte.

2- Informer votre public

  • plan du bâtiment ainsi qu’une liste des expériences et équipements acquis (au fil du temps) si possible sur le site internet, ou sur demande ;
  • Nom et adresse mail du référent handicap sur le site internet et également sur tous les documents transmis aux élèves ou stagiaires ;

3- Le référent handicap s’informe et se forme

grâce aux multiples ressources de l’Agefiph : https://www.agefiph.fr/ressources-handicap-formation

en s’inscrivant à la formation-accompagnement “handicap et Qualiopi” de Qualiview conseil : https://qualiview-conseil.com/formation-accompagnement-handicap-dans-le-cadre-de-qualiopi-de-qualiview-conseil/

4- Le référent handicap a pour rôle de sensibiliser les équipes en interne sur les handicaps afin de démystifier les clichés.

En effet, même s’il centralise la connaissance du sujet, tout le monde au sein de l’organisme de formation ou CFA est concerné par le sujet. Cette sensibilisation est essentielle pour que les personnes en situation de handicap se sentent bien et poursuivent leur formation jusqu’à son terme.

5- Chaque personne travaillant pour l’organisme de formation ou le CFA définit dans quelle mesure elle est concerné.e par le sujet du handicap dans le cadre de ses fonctions : à l’accueil, aux inscriptions, au service pédagogique, au niveau des systèmes d’information et les personnes en charge des relations entreprises (notamment pour les CFA).

Cette réflexion permet de partager les expériences de chacun et que peu à peu, tout le monde comprenne ce qui est attendu de lui : une posture d’ouverture et d’écoute, sans préjugé.

6- Un groupe projet (composé de représentants des sujets clés ci-dessous) peut ensuite prendre en compte le handicap dans chacun des processus de l’organisme de formation : au niveau de l’inscription, de l’ingénierie pédagogique, du suivi des apprenants, des relations entreprises …

Cette étape est intéressante car elle permet de pérenniser vos acquis. Ils sont écrits et font partie de vos processus (qui peuvent bien sûr évoluer).

7- La première chose que doit faire le référent handicap lorsqu’une personne en situation de handicap le contacte est de lui demander quels sont exactement ses besoins, et non de les supposer. Donc, nous devons peu à peu nous débarrasser de nos préjugés sur le sujet.

Comme on l’a vu plus haut, les besoins varient d’une personne à une autre, même avec un même handicap. Être à l’écoute de la personne est la clé pour la réussite de son parcours de formation. Être à l’écoute ce n’est pas anticiper ses besoins, c’est les comprendre et aider à y répondre.

8- L’organisme de formation ou le CFA s’équipe en sollicitant des financements de  l’Agefiph, en fonction des besoins des personnes en situation de handicap inscrits aux formations : financement d’adaptations de postes (siège ergonomique, logiciel de lecture de caractère…), d’aides humaines (preneur de note, interprète en langue des signes), de trajets domicile, école et travail (pour les CFA).

Pour cela, le référent handicap contacte le Cap emploi (sur les départements alentours).

Dans les cas où cela n’est vraiment pas possible, le référent handicap doit être en mesure d’indiquer à la personne en demande de formation un autre organisme de formation adapté à ses besoins. 

9- Le référent handicap construit son réseau : Agefiph, Cap Emploi, Missions Locales, écoles spécialisées sur certains handicaps, référent handicap de Pôle Emploi et référents  handicap des entreprises (notamment pour les CFA).

10- Le référent handicap peut organiser une fois par an une demi-journée de réunion (entre septembre et décembre, en présentiel et/ou via un Webinaire) avec ce réseau constitué afin de présenter son organisation et préparer les prochaines échéances. Les thèmes abordés : présentation de l’organisation et des niveaux de diplômes/titres/certifications, processus de recrutement, missions du référent handicap, actions prévues auprès des entreprises… C’est important car cela permet aux Cap Emploi de connaître les métiers auxquels les formations donnent accès et de les recommander aux bénéficiaires.

Pour en savoir plus, nous contacter.

Lien vers l’enquête menée en juillet 2020 par Qualiview conseil et dont les conclusions ont permis de formuler ces recommandations : “Comment mieux prendre en compte le handicap dans le secteur de la formation professionnelle, en harmonie avec le référentiel Qualiopi ?”.